Explorer les modalités du télétravail et ses conséquences potentielles sur la santé : une revue des revues systématiques

Etat des connaissances

Ouvrage

PAQUET BEAUDET F, NICOLAKAKIS N, ROY L, COULOMBE S, MALTAIS M

Québec : Institut national de santé publique du Québec, 2025, 73 p.

Thématique(s) : Santé au travail

Collection Etat des connaissances

La pandémie de COVID-19 a accéléré le recours au télétravail, qui s’est implanté depuis de façon durable dans plusieurs secteurs d’activité. Cette transformation s’accompagne de préoccupations quant à ses conséquences sur la santé des travailleuses et travailleurs.

Cet état des connaissances présente les résultats d’une revue des revues systématiques publiées entre 2017 et 2024 (« Umbrella review ») et alimentée par une recherche post hoc de la littérature grise. Il avait pour objectifs de décrire les différents modes de réalisation du télétravail et d’évaluer ses conséquences potentielles sur la santé des travailleuses et travailleurs, ainsi que sur les facteurs de risque et de protection organisationnels et personnels associés. 

Dans la littérature scientifique et grise, le télétravail faisait souvent allusion au travail à distance des lieux de l’employeur avec les technologies de l’information, mais il n’y avait pas de consensus sur le lieu (domicile ou autre site), le temps (temps plein/partiel, hybride ou occasionnel) et les circonstances de sa réalisation (volontaire ou imposé en cas de situation exceptionnelle).

Sur la base de la seule revue systématique pertinente et de qualité suffisante (parmi les 399 résultats uniques identifiés), laquelle comportait deux méta-analyses, on peut conclure que le télétravail est associé à une diminution modeste du niveau d’activité physique et d’une augmentation modeste des comportements sédentaires dans un contexte pandémique.

Faute de preuve de qualité suffisante, du moins pour la période à l’étude, il n’a pas été possible de constater la présence ou l’absence d’une association entre le télétravail et la santé musculosquelettique, cardiovasculaire, oculaire ou psychologique. D’autre part, il n’a pas été possible de constater la présence ou l’absence d’une association entre le télétravail et d’autres facteurs de risque ou de protection personnels (ex. : alimentation, tabagisme) ou encore des facteurs professionnels (ex. : physiques, chimiques, biologiques, biomécaniques, psychosociaux). 

Certaines limites doivent être considérées dans l’interprétation de ces résultats. Il a notamment été impossible de décliner l’analyse en fonction des périodes prépandémique, pandémique et postpandémique, comme souhaité, ce qui limite la capacité à interpréter l’influence potentielle du contexte pandémique sur les résultats. 

D’autres études seront nécessaires pour apprécier les conséquences du télétravail sur la santé des travailleuses et travailleurs et de suivre son évolution au cours des prochaines années. Des connaissances sont requises notamment pour préciser le seuil d’exposition critique au télétravail au-delà duquel des atteintes à la santé pourraient être attendues et pour étudier ses effets potentiellement différents chez des sous-groupes de travailleuses et travailleurs, par exemple, en fonction de l’âge, du statut parental ou du statut d’emploi. Une meilleure compréhension du télétravail, en tenant compte de la diversité des contextes d’implantation et des conditions réelles dans lesquelles il est pratiqué, permettrait de soutenir la prise de décision et les actions préventives dans les milieux de travail.

(Résumé de l'éditeur)


 www.inspq.qc.ca/publications/3760

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